Habitudes de transport des français : les villes ont un problème de dépendance à la voiture mais cela peut changer

September 28, 2022

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La voiture est sans doute le produit de consommation le plus populaire de l’histoire.  Symbole de réussite sociale et de liberté permettant à ses propriétaires de se déplacer rapidement et de manière autonome sur de courtes et longues distances, les ventes de voitures dans le monde ont augmenté chaque décennie depuis plus d’un siècle. BloombergNEF estime que cette tendance connaîtra son apogée en 2036, date à laquelle on comptera un peu plus de 1,5 milliard de voitures dans le monde, dont plus de 250 millions seulement dans l’Union Européenne.

Il n’est donc pas surprenant que, depuis une centaine d’années, les villes soient conçues pour accueillir les voitures plutôt que les personnes qui y vivent. En conséquence, la dépendance à la voiture est l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontées les zones urbaines en France mais également dans le monde entier.

Une étude réalisée avec l’IFOP sur les habitudes de transport des français dans 6 grandes villes (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Strasbourg et Nancy) montre en effet que la voiture personnelle reste largement plébiscitée pour les déplacements urbains. 

Avec 72% des répondants déclarant utiliser leur voiture personnelle régulièrement, celle-ci décroche la deuxième place des moyens de transport les plus utilisés, derrière la marche à pied (82%) mais devant les transports en commun (63%), le vélo personnel ou en libre-service (40%), la trottinette personnelle ou en libre-service (19%), Les taxis et VTC (19%) ou encore le covoiturage (16%).

Des habitudes différentes selon les villes

Si les usagers sont globalement satisfaits des offres de transport actuellement disponibles (84%), seuls 28% sont très satisfaits (et encore moins à Nancy : 20%). Nancy est d’ailleurs la seule ville dans laquelle la voiture personnelle est plus utilisée que la marche à pied et l’une des villes, avec Lille, où les transports en commun sont les moins utilisés (respectivement 51% et 50% d’utilisation). 

Les Parisiens sont les plus satisfaits (89%) de l’offre de transport proposée par la ville, ils sont même 37% à être très satisfaits. Cela se reflète d’ailleurs dans les moyens de transport les plus utilisés dans la capitale. En effet, Paris se distingue comme étant la seule ville où les transports en commun (métro, bus, tramway…) sont plus utilisés que la voiture personnelle. 84% des Parisiens interrogés déclarent utiliser les transports en commun régulièrement, loin devant la voiture personnelle (52%). Dans la capitale, seule la moitié de la population utilise donc une voiture, mais chaque véhicule se voit octroyer plus de 100 m2 – jusqu’à 80 % de la surface urbaine – réduisant ainsi considérablement l’espace dont les habitants peuvent profiter.

Dans les 5 grandes villes de province étudiées, la voiture reste donc reine avec une utilisation de 66% à Strasbourg, 74% à Lyon et 79% à Lille et Nancy. La palme revient à Bordeaux avec 81% d’utilisation (niveau égal à la marche à pied). Ce succès de la voiture s’explique avant tout par la rapidité (51%) et la commodité (49%) : cela confirme la nécessité de développer une offre plus complète pour être plus en phase avec le quotidien des usagers.

Dans la plupart des villes, environ la moitié des déplacements continuent d’être effectués avec une voiture personnelle. Nous prévoyons qu’au cours des cinq prochaines années, ce chiffre devrait diminuer d’environ un quart, mais pour que cela se produise, les villes doivent s’assurer qu’elles disposent des infrastructures nécessaires pour que d’autres modes de transport puissent prendre une part importante des déplacements. Cela inclut les véhicules légers (vélos, vélos électriques, trottinettes) et les options de mobilité partagée comme le VTC et l’autopartage, qui offrent des alternatives plus abordables pour presque tous les usages d’une voiture privée. 

Les villes doivent adapter leurs infrastructures de transport

L’étude montre que 79% des habitants souhaitent voir le développement d’au moins un mode de transport dans leur agglomération et 80% trouvent important d’allouer plus d’espace à la mobilité douce. C’est à Lille (88%) et Strasbourg (86%) que les habitants sont les plus en demande. Cette optimisation de l’offre devra également respecter l’environnement En effet, 78% des personnes interrogées considèrent qu’il s’agit d’un facteur important dans leur choix de transport. L’offre proposée par les villes doit également permettre de réduire le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail, qui est en moyenne de 27 minutes dans les six villes étudiées (de 23 minutes à Nancy à 34 minutes à Paris).

Les véhicules légers nécessitent des pistes cyclables et des parkings dédiés, tandis que le VTC et l’autopartage doivent bénéficier de places de parking gratuites. Les villes pourraient soutenir la conversion des parkings actuels en parkings réservés aux véhicules légers et partagés, encourageant ainsi les gens à abandonner leurs véhicules privés et à utiliser des véhicules légers et partagés, qui consomment beaucoup moins d’espace. 

La politique locale doit également trouver le bon équilibre entre la création d’un environnement où ces modes de transport alternatifs peuvent être utilisés en toute sécurité tout en restant accessibles, sans sacrifier la concurrence du marché qui favorise l’innovation et fait baisser le coût des transports.

Si l’on regarde en Europe, on constate que certaines villes ont déjà bien avancé sur le sujet. Amsterdam et Copenhague ont ouvert la voie depuis des années et, aujourd’hui, les vélos représentent plus de 50 % du total des déplacements dans les deux centres-villes. En effet, aux Pays-Bas, plus de 2 millions de personnes vivent dans des “woonerfs”, ou rues vivantes, où les besoins des gens sont prioritaires par rapport aux conducteurs et à leurs véhicules.

L’abandon de la voiture commence à se répandre dans certaines des plus grandes villes d’Europe. Paris a mis en place un plan “15 minutes” qui vise à créer des communautés autonomes où tout ce dont vous avez besoin se trouve à 15 minutes à pied ou à vélo, tandis que Sadiq Khan, le maire de Londres, a décidé d’étendre l’ULEZ (Ultra Low Emission Zone) à l’ensemble de la ville. 

Une demande croissante pour les services de micromobilité

Dans la capitale, 42% des répondants déclarent utiliser le vélo pour se déplacer et 26% utilisent la trottinette. C’est à Strasbourg que l’on compte le plus d’adeptes du vélo (54%), loin devant Nancy (30%) et Lille (34%). C’est également à Strasbourg que l’écart entre la part d’utilisateurs de vélos personnels (52%) et d’utilisateurs de vélos en libre-service (13%) est le plus grand.

21% des personnes interrogées souhaiteraient voir davantage de vélos en libre-service dans leur ville. Paris est la ville dans laquelle ils sont les plus utilisés (26% contre 13% d’utilisation en moyenne sur les villes présentes dans cette étude) ce qui en fait la ville avec le plus faible écart entre les nombres d’utilisateurs de vélos personnels (35%) et le nombre d’utilisateurs de vélos en libre-service. 

18% des personnes interrogées souhaiteraient également voir davantage de trottinettes en libre-service dans leur ville, avec une demande particulièrement forte à Strasbourg (26%) et à Nancy (23%). Paris et Lyon sont les seules villes dans lesquelles les utilisateurs de trottinettes électriques en libre-service sont plus nombreux (respectivement 21% et 19%) que les utilisateurs possédant leur propre trottinette (18% pour les deux villes). Ces deux villes sont d’ailleurs celles dans lesquelles les trottinettes électriques en libre-service sont les plus utilisées puisque la moyenne des autres villes présentes dans cette étude est de 11%.

L’utilisation moins importante des vélos et des trottinettes électriques en libre-service par rapport aux autres modes de transports peut s’expliquer par certaines barrières, notamment en matière de sécurité, qui peuvent pousser l’utilisateur à privilégier d’autres types de transport. En effet, seulement 14% des répondants estiment que les trottinettes et vélos électriques en libre-service ne sont pas dangereux. Ils sont pourtant nombreux à trouver ce type de transport plus écologique (41%), pratique (37%), plus rapide (29%) et moins cher à l’usage (28%). L’état des routes est également un des freins à l’utilisation de ces modes de transport. En effet, 91% des répondants souhaitent que l’état des routes soit amélioré.

L’enjeu sécuritaire au cœur des préoccupations de Bolt 

En tant que premier opérateur de trottinettes électriques en Europe, Bolt est conscient des enjeux sécuritaires autour de l’utilisation des trottinettes électriques en libre-service dans les villes et se fait un devoir de continuer à innover en permanence pour améliorer la sécurité de ses services.

Bolt a notamment déployé sur ses trottinettes et vélos électriques une fonctionnalité destinée à prévenir l’utilisation des trottinettes sous l’influence de l’alcool, devenant ainsi le premier opérateur à proposer ce type d’initiative. Il s’agit d’un test cognitif rapide qui permet de mesurer le temps de réaction de l’utilisateur afin de juger sa capacité à conduire une trottinette en toute sécurité. En parallèle, Bolt est également le premier opérateur au monde à avoir introduit un système de prévention de la conduite de trottinettes « en tandem » (c’est-à-dire par plus d’une personne). Directement intégrée à l’application, cette fonctionnalité basée sur l’accéléromètre intégré des trottinettes Bolt permet de détecter la présence de plusieurs personnes sur une même trottinette. 

Le port du casque représente également un des principaux enjeux en matière de sécurité, il est donc important de sensibiliser la population à son utilisation. C’est ce que fait régulièrement Bolt en distribuant régulièrement des casques lors d’évènements organisés autour de la sécurité comme le Urban Festival à Bordeaux ou encore en proposant à ses utilisateurs de commander gratuitement des casques directement sur l’application.

Construire des villes pour l’humain, pas pour les voitures

Tous les éléments dont nous disposons montrent que les habitants des grandes villes françaises et européennes sont prêts à renoncer à la voiture individuelle. Dans le cadre d’une étude menée par l’Institut norvégien de l’économie des transports (Transportøkonomisk institutt, TØI), nous avons incité les clients de Bolt dans dix villes européennes à utiliser une trottinette, plutôt qu’un service de covoiturage, pour les trajets urbains de moins de 3 km. L’étude a montré que la promotion de ce type de transport dans l’application a conduit jusqu’à 60 % des utilisateurs à passer du VTC à la trottinette pour les trajets plus courts, ce qui signifie moins de voitures sur la route et moins d’émissions de CO2. 

Depuis des décennies, les villes du monde entier ont été construites pour les voitures, plutôt que pour les personnes qui y vivent. En retirant ne serait-ce que 25 % des voitures des rues, les zones urbaines seront plus respectueuses de l’environnement et offriront une meilleure expérience à leurs habitants. Cela signifie moins d’accidents, moins de temps passé dans les embouteillages, moins d’émissions et un air plus pur.

Méthodologie de l’étude

Cette enquête a été menée en juin 2022 auprès de 1 212 personnes, âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population parisienne et de celles des agglomérations de Lyon, Lille, Bordeaux, Strasbourg et Nancy (environ 200 personnes / ville). Les réponses ont été collectées via un questionnaire en ligne et une enquête sur le terrain. Des quotas ont été appliqués sur le sexe, l’âge, la profession du chef de famille et la zone géographique (centre-ville ou agglomération) afin de garantir la représentativité des échantillons.

Données par ville

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